La relâche

Bien ça y est, je suis officiellement en vacances depuis hier. Dix-neuf jours de relâche où je peux me lever le matin sans avoir un dossier qui me trotte dans la tête, penser à la route qui peut être hasardeuse en hiver et autre détail de ma vie quotidienne.  En fait, c’est cela qui représente un réel changement ce matin, je ne pense à rien, ma tête est vide, je suis en paix, je me sens en relâche.

La prise de conscience est toujours pareille à la fin d’une année, on réalise que nos vies vont à une vitesse que nos ancêtres n’auraient sûrement pas pu imaginer.  C’est quand on arrête de tourbillonner que l’on se rend compte à quelle vitesse on allait. La première journée de relâche, pour ceux qui vont très vite dans leur vie et j’en suis, on peut même se sentir étourdi par l’arrêt en lui-même.  Et quand la tête constate qu’elle n’a plus à dégainer aussi rapidement qu’à l’habitude, on comprend ce qu’était la vie de l’Homme de Cro-Magnon !

C’est aussi là où l’évidence s’installe : la sollicitation que nous présentons à notre corps tous les jours de l’année.  Lui, il doit suivre la cadence, il n’a pas d’option, il suit tous ces choix que nous faisons que cela le mette en état de surcharge ou végétatif.  Notre quête de vie, il en est pleinenement conscient et impacté, jusqu’au jour où il en a assez et vous présente sa facture : le burnout.

Car bien que l’on puisse avoir une vie « ordinaire » comme la qualifie certains, on doit conduire à haute vitesse dans notre vie quotidienne sans en avoir toujours le choix.  On répond à la cadence que nous présentent les événements, ainsi va la vie au 21e siècle.  On avance très vite, on a la tête pleine d’informations qui entrent par toutes les portes, Internet, radio, clients, fournisseurs, journaux, pas toujours conscients des kilomètres de contenus parcourus à la vitesse de l’éclair, on navigue parfois avec le mal de mer.

Mais heureusement, il y a ces périodes de relâche comme celle du temps des Fêtes qu’il faut absolument se donner le droit de vivre pleinement car sans ces arrêts obligatoires, les batteries corporelles sont bien vite épuisées surtout si vous n’avez pas travaillé à provisionner des points bonis que sont l’exercice régulier, la saine nutrition, le sommeil réparateur, le yoga, la méditation, et j’en passe ….

En même temps, qu’on le veuille ou non, la majorité d’entre nous, nous aimons cette sacrée vie et on n’en a qu’une à ce qu’il paraît, il faut bien qu’on en profite avant qu’il ne soit trop tard, du moins c’est ce qu’on se dit.  Mais comment profiter de tout, amour, travail, famille, amis, loisirs, sans s’éreinter dans des horaires de plus en plus compliqués à gérer ? Il y a bien des réponses à ce questionnement et elles sont en fonction de nos priorités personnelles.

Mais encore nous dit-on il faut avoir une passion, un but, des objectifs dans la vie.  Combien de personnes connaissez-vous qui se cherchent une mission de vie en cette ère que l’on dit d’information ?  Plantés là, devant un écran, pensant trouver la réponse du siècle sur Les Internet… Peut-être qu’une bonne relâche, une période de vide serait plus profitable ?  A avoir trop de contenus dans sa tête, diminuons-nous notre niveau de créativité, notre capacité à trouver notre propre réponse ?  Notre liberté de penser par nous-même…

J’adore me questionner sur la société et par richochet sur moi.  Et c’est intemporel car  connaître des faits sur la société d’hier m’aide à comprendre celle d’aujourd’hui qui m’aidera à réfléchir sur celle de demain.  L’être humain est mon sujet de prédilection et il est inépuisable avec toutes ses facettes qui font de lui un tout si complexe.

Alors, la question du jour sera : est-ce que ce profit de la vie que l’on cherche tous à atteindre, la fameuse réussite, la quête du bonheur, est-ce que tout ça ne provoque pas un peu notre course, notre urgence du lendemain, notre soif de vivre pleinement et rapidement ?  Et en bout de ligne, ces quêtes, ces objectifs, ces buts, nous rendent-ils heureux ?  Ou avons-nous tout simplement besoin chacun de se sentir utile à quelque chose, de jouer au missionnaire de notre propre existence ?

Dans mon mode de pensée actuel, je crois que peu importe ce qui nous anime tous les matins et qui fait que l’on se met en marche pour la journée, l’essentiel, c’est de comprendre pourquoi on s’engage dans telle route ou telle voie et de tenter de demeurer dans son équilibre à soi.

Chaque doctrine ou croyance n’est pas 100 % garantie.  Il y a un peu de bon dans chacune bien souvent.  Il faut trouver ce qui est essentiel pour soi et ce qui nous rend heureux nous-même tout en tissant notre toile dans une société que nous ne pouvons pas renier et dans laquelle il faut bien apprendre à naviguer faute de se noyer.

Et si on ne choisit pas sa route tous les matins – excusez-moi les idéalistes, mais la vie ce n’est pas toujours exclusivement un choix –  on peut toujours songer qu’il y a une chose que l’on peut modifier dans sa journée, peut importe sa condition de vie.  Un petit geste tout simple et accessible.  Ça consiste à modifier sa pensée par rapport à ce que l’on vit, sa perception personnelle de qui on est, le respect qu’on a pour soi.  Car en toute chose, on se doit de respecter ses propres choix, ses erreurs aussi, et de s’assurer de se comprendre soi-même.  Ce que les autres pensent ne doit être qu’accessoire et aider à réfléchir, point barre.

L’échec, le doute ou la peur sont pour moi un signe d’intelligence, de conscience, des éléments nécessaires pour réaliser si on est dans la bonne quête ou pas, des émotions, des ressentis qui font grandir en bout de vie.  Pas une fin mais plutôt un gage de sécurité pour le futur.

Sur cette belle pensée philosophique je vous laisse réfléchir … et je retourne à ma relâche des Fêtes, un temps d’arrêt bien mérité où je vais tenter de me ressourcer. Voici un bien long texte.  C’est le signe que mes batteries se rechargent et que la connexion avec moi-même est plus profonde, les pieds bien connectés avec la terre, le tourbillon de plus en plus loin.

Bien assez tôt, comme vous tous, il me faudra bien ressortir de ma tannière et rebondir afin de poursuivre ma quête de citoyenne du 21e siècle.  Alors aussi bien profiter du temps qui m’est accordé pour vagabonder dans mes pensées, lire, jouer, regarder les étoiles, toutes ces choses qui font de ma vie un événement que j’aime.

AMEN.

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2017 – TOUS LES PAYS – Nathalie Arseneault

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