La résignation

La résignation… un mot à la fois tranquille et lourd de sens, un mot pas vraiment à la mode dans cette société de gérance d’estrades, un mot qui s’il laisse une trace en soi peut parfois se teinter d’amertume.

Être résigné, qu’est-ce au juste ?  Ne pas protester, accepter sans révolte un événement, un fait, abdiquer, choisir sa bataille ?  Plein de chemins mènent à Rome n’est-ce pas ?  A chacun sa résignation.

On a le choix avec elle soit d’accepter qu’elle se glisse dans notre vie ou bien de se battre contre elle et de colérer.  C’est donc un état qui vient avec une réflexion.  Un camp dans lequel on se retranche.

Je n’aime pas le sentiment de colère alors je m’exerce de plus en plus à me résigner devant ce qui ne vaut pas la peine d’être vécu.  La colère vous étouffe, vous empoigne, pour ensuite vous laisser choir comme un vieux chiffon.  Épuisé, à bout de souffle, on n’a plus qu’à se laisser glisser sur le plancher.

A choisir, je l’évite, carrément.  Je préfère prendre la fuite devant la colère que de lui faire face à tous vents.  Je choisis mes batailles en fait.  Plus je prends de l’âge et plus j’apprends à modérer mes ardeurs. Parce que cette sacrée colère, je ne peux pas l’éviter constamment, elle nous attrape comme un poisson accroché à son hameçon.  Mais à d’autres moments, elle a aussi sa raison d’être.  Ici, c’est une question de dose.

Et ne pas se résigner, est-ce que ça veut dire s’affirmer ?  Dans ses idées, par exemple, est-ce utile de toujours dire ce que l’on pense ou ne vaut-il pas mieux, de temps en temps, se la fermer comme on dit en bon francais ? Difficile de nos jours dans notre société aseptisée, où souvent il faut suivre la meute, de ne pas se rallier au groupe quand on sent de l’injustice ou de l’incompréhension, que de ne pas suivre la ligne de parti pour suivre ses convictions.  La ligne peut être mince entre ce que l’on croit et ce qui est vraiment.   Et le prix à payer important.

Quand on ne peut rien changer à une situation parce que l’on en a pas le pouvoir, vaut-il mieux continuer sa route et se résigner ou bien se battre pour des principes qui peuvent vous mettre en danger  ?   Encore là, selon moi, tout est dans la nuance et dans le gros bon sens.

Chose certaine savoir lancer la serviette et lâcher prise peut être sain quand on sent que c’est bon pour soi et que si l’on s’accroche on en retirera plus de tort que de bien.

Se résigner ça peut aussi vouloir dire se protéger de l’autre ou même de soi-même.

Bonne réflexion …

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2017 – TOUS LES PAYS – Nathalie Arseneault

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7 Comments Add yours

  1. nuage1962 dit :

    je préfère lacher prise que le mot résigner

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    1. natars1966 dit :

      Mais parfois il faut vraiment se résiger, ne plus garder espoir. Le lâcher prise peut être là sans qu’on perde espoir et l’espoir parfois c’est malsain…

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  2. Néa dit :

    excellent article qui vient fortifier l’analyse de cette ambiance générale. entre la limite de la colère salvatrice et ne pas aller jusqu’à la haine.. temporiser sur ce qui vaut vraiment « la peine » savoir faire la différence entre humilité et humiliation… se battre sans avoir à y laisser sa peau.. effectivement on peut aussi l’ouvrir et ne pas avoir à suivre la meute..et qu’effectivement, parfois le fait de se mettre en colère peut se retourner contre soi.. et lutter contre la colère rend malade… savoir doser.. ne pas se battre pour tout et pour rien.. juste pour l’essentiel… c’est bien suffisant.. Il y a entre ce que l’on peut faire changer et ce dont on ne peut rien y faire.. garder son énergie pour les priorités. Bonne journée..

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    1. natars1966 dit :

      Merci Néa pour cet échange, très constructif 😀

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  3. Néa dit :

    il y a plusieurs façons de s’exprimer lorsque l’on est pas content.. le silence n’implique pas le fait de ne pas le dire, on peut l’écrire… se taire et puis partir.. et se taire n’empêche pas de penser et d’agir autrement.. oui cette chasse aux sorcières ou le groupe se jette sur la victime désignée, montrée du doigt… qu’il faut faire attention à ne pas se précipiter sans avoir toutes les raisons , les explications, avoir pris connaissance de la totalité des faits…et puis savoir si cela nous concerne personnellement… faut il partir en guerre parce que quelqu’un a commencé ?? faut il laisser sa peau juste pour des idées…

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    1. natars1966 dit :

      Cela vient un peu résumer mon texte sur le gérant d’estrade un peu plus loin dans ce blogue. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, on rencontre beaucoup de ce type de gérance, où sous le couvercle de l’anonymat, les gens partent de fausses idéalogies, peut-être pas par mauvaise fois, mais trop souvent pas méconnaissance des faits réels et du sujet à traiter.

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