L’ambition de Robert…

Je viens de terminer la lecture d’un livre intitulé Rich boy écrit par Sharon Pomerantz, son premier roman d’ailleurs. Bourrée de talent que cette professeure de littérature. J’attends déjà son prochain récit, ou qui sait, elle pourrait nous présenter la suite de la vie de Robert Vishniak, son personnage principal dans Rich boy.  Robert est un bel homme physiquement, communicateur né, un peu sentimental et naif, avec un parcours loin d’être banal.

Ce roman nous laisse avec toute une réflexion sur l’ambition dans ce qu’elle a de plus malsain.  En abandonnant son jugement au profit de la réussite, Robert se noiera dans un tourbillon d’émotions plus sombres les unes que les autres.   A trop vouloir monter tout en haut, on peut perdre la raison pour laquelle on voulait grimper.  On est dans le rêve américain ici  et dans l’envie de fuire la petite vie des gens ordinaires.  Robert cherche-t-il à devenir riche ou est-il à la poursuite du bonheur ?  Par moments, on ne sait plus vraiment.

On a tous, un jour ou l’autre, le désir de réussir notre vie.  Tous les jours, on se lève et on fait de notre mieux pour être à la hauteur.  Ça, c’est de la petite bière comparée à la vie de ce personnage qui, né d’une famille modeste, décide qu’il réussira dans la vie sans se fixer de limite de prix.  Sa vie est remplie de paradoxes.  Le jour, il vit avec ses amis riches une vie d’étudiant à la NYU, et le soir, sans trop que personne ne le sache, il est chauffeur de taxi.  Car, loin des spotlights des autres, il doit payer ses études, lui qui n’a pas gagné à la loterie des parents riches et célèbres.  Il fréquente de chics restaurants, habite de beaux quartiers dans New York, mais finalement a un revenu très modeste.  Il faut le faire et il le réussit très bien.

Il avait pas mal de points forts pour réussir dans la vie dès le départ.  Il est beau gosse, tellement qu’il attire dès son jeune âge, les caresses et les baisers de ses tantes qui l’adorent sans conteste.   Mais aussi, il comprend rapidement comment les sentiments des femmes fonctionnent.  Et il en profite tant que c’est possible.

Plus tard, étudiant de niveau plutôt moyen, il fera quand même son chemin vers les études supérieures.  Sa facilité à communiquer et son visage d’ange lui facilitent l’entrée à l’université ou il fait la connaissance d’un gang d’amis riches et parvenus.  Il n’aura aucun problème à s’adapter à eux et l’inverse est aussi vrai.   Parlez-en à son colocataire Tracey qui l’adore littéralement dès leur première rencontre.  Robert se prélassera au côté de ce groupe de jeunes gens riches sans que personne ne se plaigne de son manque d’argent.  Non, il ne joue pas au golf, ni au tennis, mais a un grand esprit de camaraderie qui plaît et qui charme.  Alors à quoi bon avoir acquis toutes ces compétences, il a le don de parole, on aime sa compagnie, ça lui sert d’autant.

Élevé dans une famille modeste au côté d’une mère paranoïaque de l’économie, toute sa vie son lien avec ses parents juifs le ramènera au goufre de ses valeurs profondes.  Bien qu’ayant réussi, il devient avocat spécialisé dans l’immobilier, il ne reniera pas ses proches lorsque nécessaire mais n’aura aucun malaise à les quitter sur de longues périodes, histoire de vivre sa vie dans son nouveau monde.

Sa beauté et son charme l’amèneront à côtoyer des femmes riches et fragiles, et très vite il en profitera.  C’est ici que étrangement il se perdra.  La première relation amoureuse avec Gwendolyne le laissera sur le carreau tandis que sa deuxième amoureuse lui volera, non pas son coeur, mais bien plus sa raison d’exister.  Mélanger ambition de richesse et amour ne le payera guère.  Anxiété, ennui, étourdissement, il a moins d’agrément tout à coup dans sa vie richissime.  Un beau-père sévère, qui voit en lui le profiteur, voudra le traquer pour l’amener à sa perte.

Robert est une personne qui ne ressemble pas aux gens qui m’entoure.  Je ne connais personne d’aussi parvenu dans ma vie de tous les jours.  Rapidement, on comprend que le bonheur ne fait pas partie de son quotidien ou si peu.

Il faut lui donner cela, tout de même, il gagnera ses épaulettes professionnelles même s’il a accès très jeune au confort et aux plaisirs faciles, il devra travailler dur pour se tailler une place dans le club des avocats.  Monde dans lequel il finira par étouffer à petits feux.  Son beau grand rêve de réussite ne le remplit pas du tout.  Quand on voit comment il n’est pas heureux, pris dans un cycle de vie où la liberté n’existe presque plus, on ne l’envie vraiment pas, il ressemble presque à une proie qui s’est élancé elle-même dans un beau grand filet doré.  On est pas dans le merveilleux du Americain dream mais davantage devant son côté sombre s’il en est un.

Morale de toute cette histoire, il ne faut pas que la richesse devienne un but. Et l’opulence ne rend définitivement pas heureux. La gloire, le pouvoir, ne sont pas aussi enrichissants qu’on pourrait le croire.  Il vaut sûrement mieux vivre de passion sans en chercher la valeur ultime, la vie a un prix et c’est celui de la liberté…

Publicités

Vos idées m'intéressent ! Laissez-moi un message :o)

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s