Doute et machination …

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__ Sheldon Siegel

Je l’ai lu rapidement… très addictif il va s’en dire, j’avais l’impression de regarder un bon film.  Captivant, je voulais retenir tous les détails.

Si vous aimez l’ambiance d’une cour de justice, le jeu des avocats, la mise en scène nécessaire à tout bon conseiller juridique, vous serez servi.

J’ai beaucoup apprécié l’expérience de l’auteur.  Étant lui-même avocat de profession, il sait bien reproduire le détail qui attire l’attention et, surtout, bien ficeler son histoire pour qu’on en vienne à suspecter bien des personnages !

J’ai eu en tête quelques scénarios potentiels pour la finale qui fut surprenante. Pour un auteur de roman policier, n’est-ce pas le but ?  En tout cas, une finale de bouquin qui surprend, c’est souvent recherché chez les lecteurs de romans policiers dont j’en suis.

Nous débutons par une fin de carrière de notre personnage principal.  Obligé de quitter la boite pour laquelle il a travaillé pendant quelques années, on le voit tenter de se refaire une clientèle dans un petit bureau minable dont vous ressentirez les odeurs jusque dans vos propres nasaux …  Il n’a pas très bien réussi dans un grand cabinet, sera-t-il plus dans ses souliers avec sa propre clientèle et non dans l’obligation de ramener des millions de dollars chaque année pour le plaisir de ses ex-associés.

On découvrira beaucoup de personnages dans cette histoire avec des vies sommes toutes similaires dans la tromperie, le goût du risque et avec des ambitions plus larges que des buildings.  L’argent et le pouvoir sont évidemment au rendez-vous dans un milieu aussi fermé où hommes de loi et politiciens travaillent presqu’en symbiose … En fait on se croirait dans un épisode, ou deux, ou trois, de House of cards, série diffusée sur Netflix pour les intéressés et dont je viens de débuter l’écoute.

Notre personnage principal, ici, tentera, avec ongle et bec, de sortir son ex-collègue, Joel Friedeman, d’une double accusation pour meurtres prémédités qui pourrait l’amener directement à la mort ou à la « perpet » … Pour vous situer, nous sommes à San Francisco.  Connaissant les solides sentences des Américains, on peut comprendre que notre Joel aura la frousse plus d’une fois de se retrouver derrière les barreaux sa vie durant.

Et à partir du moment ou notre héros Maître Daley va décider de prendre le dossier, on va le suivre dans toute son enquête en pouvant évaluer toute la complexité que peut rencontrer un homme de loi pour défendre ses points de vue et tenter, bien sûr, d’influencer le jury qui,lui, a le dernier mot sur le sort de son client.

Quelle course contre la montre !  Sans compter que notre cher accusé, Joel, ne veut aucun sursis, il veut régler vite et ne pas passer des mois, voire une année, à se morfondre dans l’attente.  L’avocat Daley aura donc un très court laps de temps pour tout monter le dossier et tenter de démontrer, hors de tout doute, car ici le doute deviendra important, que son client est innocent.

Je parle du doute car, dans toute cette histoire, je suis certaine que vous allez doutez souvent de Joel qui, à chaque étape de l’enquête, va tout faire rebondir avec des faits qu’il gardait pour lui.  Mick Daley va devoir jouer avec les cartes rapidement et jouer de son art d’inflence rapidement dans bien des situations.

On constate dans ce roman toute la solitude et la détresse d’un accusé qui du jour au lendemain voit sa vie complètement chamboulée.  Les réactions de l’entourage qui vont faire en sorte d’influencer, en bien ou en mal, les réflexions de l’accusé, de l’avocat de la défense, voire même celles du procureur.  Mais aussi, l’impuissance face à une telle accusation quand les faits sont contre vous.  Difficile d’échapper à une telle sentence sans devoir trouver un avocat béton qui est près à aller jusqu’au bout pour vous.   Bien sûr, moyennant quelques milliers de dollars…  Mais une vie vaut bien cela n’est-ce pas ?

Le travail des techniciens en déploiement de scènes de crime est intéressant à étudier.  Il est bien détaillé, enfin, juste assez pour ne pas sombrer dans un document technique.  Comment a-t-on pu tenir l’arme du crime afin de s’en servir pour tuer ?  L’accusé a-t-il vraiment utiliser cette arme ou n’a-t-il voulu que la décharger comme il le dit ?  Qui est mort en premier ?  Pourquoi cette bosse sur la tête de l’une des victimes ?  Tant de questions auxquelles les recherches techniques pourront possiblement répondre.

Les interrogatoires, vous devrez aimer, car il y en a vraiment à la tonne dans ce livre.  Bien ficelés par notre romancier, le doute, et la machination nous apparaissent rapidement comme des éléments importants le pourquoi j’en ai fait le titre de ce billet.  L’accusation hors de tout doute… je ne voudrais pas être à la place du jury qui dans ce cas-ci, devait vivre avec des objections permanentes au cours des délibérations de la cour.  Je me suis demandé souvent comment on peut oublier ce qui a été lancé par l’un ou l’autre des avocats dans sa délibération uniquement que parce que le juge nous le demande…

Et puis à la fin, il y a évidemment l’attente du verdict, un scènario bien construit.  L’on ressent l’angoisse et l’incertitude toujours présentes dans cette situation de part et d’autre qu’on soit le défenseur ou le représentant de la couronne.

Je vous recommande ce livre, premier roman de Siegel, qui en a écrit d’autres depuis.  Je compte bien les découvrir et ils sont d’ailleurs déjà intégrés à mon panier à la Grande bibliothèque.  A suivre au cours de mes prochains billets, qui sait.  Il y a tant à lire et une si courte vie …

Bonne découverte !

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